| LA VALEUR DE
L'ARGENT & DES CHOSES A TRAVERS LES ÂGES (N'hésitez pas à me faire-part de vos communications...) |
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Un louis d'or valait 20 livres. Une livre
valait 20 sols. Un sol valait 12 deniers.
Vers 1700, un boeuf valait environ 85 livres, une vache laitière 40, et une
jument, 100.
Un homme (journalier) gagnait 30 sols par jour et un artisan, 3 livres.
D'après un inventaire (11 décembre 1703), 1 cheval d'attelage bai (cheval de
luxe) vaut 1500 livres
D'après un inventaire (8 mars 1740), 1 cavale de 12 ans vaut 40 livres, 1
cavale de 6 ans vaut 40 livres, 1 cheval avec harnachement vaut 25 livres
La livre est l'unité monétaire sous le
régime français. En France, vingt sous (ou sols) valaient une livre (ou franc)
et cinq livres
valaient une piastre.
Dans le langage parlé, on ne dit pas 1 franc ou 1 livre, mais 20 sols
Au Canada la livre valait seize sous et deux tiers, soit
six livres à la piastre.
Franc: Ancienne monnaie d'or équivalant à une livre ou vingt sols.
Livre: Ancienne monnaie de compte représentant à l'origine un poids d'une
livre d'argent, et moins de cinq grammes à l'établissement du système
métrique (1801).
Sol: Forme ancienne de sou. Sol pour livre: impôt du vingtième qui frappait la
vente de marchandise (une livre = vingt sols)
Sou: Anciennement, monnaie de billon valant le vingtième de la livre. Le sou
tournois valait douze deniers. Les Québécois d'avant 1860 utilisaient, comme
monnaie de compte, la Livre de 20 sous: -20 sous ou 10 pences; -30 sous ou 15
pences; -60 sous (appelés aussi écu) ou 30 pences.
Denier: Ancienne monnaie française valant la deux-cent-quarantième partie de
la livre.
Louis: Ancienne monnaie d'or, frappée à l'effigie du roi de France (valeur 10
livres, puis 24). Après 1803, pièce d'or française de vingt francs.
Chelin: Pièce valant vingt coppes ou sous (Cheling, shilling)
Shilling: Unité monétaire anglaise, valant un vingtième de la livre anglaise
ou douze pences.
Livre anglaise: Unité monétaire anglaise. La livre vaut vingt shillings.
| LES PIECES | |||||||||
| 1 sol | 6 liards | ||||||||
1 f de 1900 vaut 18,04 Francs en 1999, 1f de 1910 vaut 19,94 francs en 1999, 2000 f de 1905 valent donc environ (2000x 19 ) 38 000 francs aujourd'hui
Le premier franc est apparu en 1380 à
Compiègne crée par Jean II le Bon. De 1380 à 1976, le Franc comme les
monnaies de tous les principaux "pays" a été indexé sur l'or. Une
dévaluation consistait tout simplement à modifier le poids d'or dans la
monnaie. La première grande dévaluation a été effectuée par Philippe IV le
Bel.
Quelques points de repères (en milligrammes d'or fin) :
Premier franc 1380 : 3884
Franc germinal 1803 : 290,32
Franc Poincaré 1928 : 58,95
Franc Blum 1936 : 44,1
Franc Reynaud 1938 : 24,75
Franc de guerre 1940 : 21
Franc de Bretton Woods 1945 : 7,46
Franc de Gaulle 1958 : 1,8
Franc Pompidou 1969 : 1,6
PROGRESSION DES SALAIRES
En 1832, un ouvrier touche en moyenne 450 francs pour 300 jours de travail (pour
une durée de travail de 15 heures par jour), sa femme 180 francs pour 200 jours
de travail, 2 enfants, 65 francs chacun, soit un total de 760 francs.
Le salaire journalier est de 2 francs pour l'homme et de 1franc pour la femme.
LE BUDGET DE CETTE FAMILLE
| NOURRITURE : | 570 francs | soit un total de 860 francs |
| LOGEMENT : | 130 francs | |
| VÊTEMENT : | 140 francs | |
| DIVERS : | 19 francs |
Voici un bordereau des prix pour une journée de 10 heures de travail en 1846 et en 1861.
Une enquête de l'Assemblée nationale en 1872 dit : Les salaires ont augmenté depuis 15 ans de 20 à 30 %, dans une proportion beaucoup plus élevée que les denrées, aussi la culture est impossible pour qui ne la fait pas lui même.
| 1846 | 1861 | ? | |
| 1 Kg de pain | 0,25 F | 0,35 F. | |
| Manoeuvre ordinaire | 1,50 | 1,60 | |
| Manoeuvre choisi | 1,80 | 1,80 | |
| Terrassier | 2 | 2,05 | |
| Mineur | 2,70 | 3,20 | |
| Maçon de première classe | 3 | 3 | |
| Maçon de seconde classe | 2,50 | 2,40 | |
| Couvreur | 2,50 | 2,40 | |
| Tailleur de pierre | 3,50 | 3,75 | |
| Paveur | 3 | 3,15 | |
| Plâtrier | 3 | 3,15 | |
| Charpentier, menuisier, serrurier, charron, forgeron | 3 | 3,10 | |
| Scieur de long | 2,75 | 2,50 | |
| Peintre, vitrier, ferbantier, pompier de première classe | 3 | 3,10 | |
| Peintre, vitrier, ferbantier, pompier de seconde classe | 2,70 | 2,70 | |
| Voiture ou tombereau à un collier avec conducteur | 6,60 | 6 | |
| Voiture ou tombereau (collier supplémentaire) | 5 | 4 | |
| Mulet bâté avec conducteur | 4 | 3,75 | |
| Il est difficile
d'estimer à la valeur à nos jour les prix pêchés dans nos lectures.
Voici quelques prix tirés des comptes d'une maison bourgeoise vers 1840.
Certains laissent rêveurs par leur modicité. Ces prix en Franc germinal
restent à peu près fixes de 1803 à 1914, l'utilisation du coefficient
légal d'environ 20* est encore plus déroutant. La facture de l'épicier : vaut soit |
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| 1840 | |||
| 1 hectolitre vin rouge 10 F | 0,10 F/l | ||
| 30 kg de porc 30 F | 1,00 F/kg | ||
| 100 kg pom. de terre 8 F | 0,08 F/kg | ||
| 1 kg sucre | 1,10 F | ||
| thon mariné (1) | 0,35 F | ||
| 1 litre eau-de-vie | 1,00 F | ||
| 3 bichets (2) seigle (3) 12 F | 0,40 F/l~ | ||
| livre beurre fondu 1 F | 2,00 F/kg | ||
| balai avec manche | 0,95 F | ||
| 2 paires pantoufles 3,25 F | 1,63 F | ||
| paire sabots avec chaussons | 2,75 F | ||
| 2 kg papier à vers à soie 1,60 F | 0,80 F/kg | ||
| tissu indienne | 1,10 F/m | ||
| tissu cretonne | 2,25 F/m | ||
| kilo pointes | 1,00 F | ||
| loquet de porte | 1,10 F | ||
Quelques remarques
- Le boulanger fait le pain compris cuisson
plus les plats, pour un forfait (1) de 12 F par an.
- La peinture à l'huile et blanc de céruse, deux couches sur croisées, portes
et volets à 0,8 F/m²
- La journée de l'aide-maçon pour faire le pisé 3,25 F.
- Les artisans (maçon et charpentier) sont payés par acomptes de 10 à 40 F.
- L'argent est emprunté à 5%.
- La servante est payée 63 F par an, plus 2 chemises, avec 1 paire de souliers
et 2 tabliers fournis(4).
Notes
(*) Qui connaît le coefficient 2000 ? celui de 1900 à 1990 était de 18.
(1) On ne sait pas combien de personnes vivent
dans la maison.
(2) Bichet : Ancienne mesure de capacité de 20 à 30 litres (21,37 à
St-Marcellin; 31 à Vienne; 18,33 à Grenoble). Le système métrique était
pourtant depuis longtemps obligatoire, si on utilise les nouvelles unités
(kilo) on utilise encore le vocabulaire des anciennes.
Note de 1803 :
- L'hectolitre ou sétier valant 100 dm3 ou 10 décalitres.
- Le décalitre ou boisseaux de 10 dm3 ou 10 litres ou pintes.
- Le litre ou pinte vaux 1 dm3.
(3) Le seigle sert-il à la soupe ?
(4) Bien que nourrie et logée, on a du mal à croire aujourd'hui que l'on
puisse accepter ceci, ce salaire divisé par les heures de travail et
d'astreinte doit être bien inférieur au centime (même or!). La lecture des
testaments montre pourtant qu'il n'est pas inhabituel que les servantes testent
pour leurs patrons ou patronnes. Mais qu'en faisaient-on quand elles n'étaient
plus utilisables ?
Sources
Tableau extrait Levasseur, Histoire des classes ouvrières en France de 1789 à
1870. Annuaire 1846, Annuaire 1861.
Note de l'épicier extrait de Chetail, Histoire en bas Dauphiné, Bellier 1988.
Note (2) F. Francillon, CGD.
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